À travers les rue de La Rochelle
Table des matières
La ville au moyen âge
Le premier site de La Rochelle était blotti au fond du havre,l'actuel vieux port,au débouché du canal Maubec,autour de l'église Saint-Sauveur.C'est l'actuel quartier Saint-Sauver avec ses ruelles étroites.Ce quartier conserve encore,rescapées des rénovations urbaines,plusieurs façades à pans de bois recouverts d'ardoises dans la tradition médiévale (rue du port,Saint-Sauveur,des Merciers,Saint-Yon,Saint-Michel,du Beurre).
Deux autres îlots de population se partagent alors le littoral rochelais,situé à l'emplacement des futurs quartiers de Saint-Nicolas et du Pérot.Le port primitif se situait d'ailleurs le long de ce dernier,au débouché du ruisseau de Lafond (actuelle place Foch).Les premiers remparts de la ville sont probablement dus à la sagesse de Guillaume d'Aquitaine face aux seigneurs voisins,après qu'il eut concédé leurs premières libertés aux Rochelais.La ville ainsi créée est structurée sur le modèle des bastides du Sud-Ouest avec des rues au tracé perpendiculaire ouvrant sur les portes.Elles s'appuient autour de l'église Saint-Sauveur sur le quartier primitif au plan plus anarchique.Vers 1175,l'extension de la ville au Nord repousse les murailles jusqu'à l'église Notre-Dame.C'est probablement lors de cette extension que le château Vauclair est édifié sur l'angle Nord-Ouest de l'ancienne muraille.Après la charte de 1199,La Rochelle annexe ses deux quartiers maritimes.Celui de Saint-Nicolas est rattaché à la ville par le pont Saint-Sauveur fortifié (1200) .Celui du Pérot par le pont Tournis,qui pivotait et laissait ainsi le passage aux bateaux qui empruntaient la douve de la muraille,la Verdière.
Après le retour de la ville à la couronne de France,en 1372,La Rochelle protège son port d'une muraille terminée au goulet d'entrée par la tour Saint-Nicolas.
En dehors des tours,le Moyen-Age n'a pas laissé beaucoup de trace à La Rochelle:la ville est riche et chaque siècle a eu les moyens de reconstruire au goût du jour.L'architecture militaire est représentée par les tours du port et la Grosse Horloge,modifiée à plusieurs reprises.Les destructions protestantes ne nous ont laissé que les clochers des églises.L'ancienne commanderie des Templiers offre quelques vestiges des XIIe et fin XVe siècles avec un curieux passage sous maisons.Il ne subsiste rien de l'ancien quartier juif (rue Admirault,ancienne rue Juiverie).
La muraille crénelée de l'hôtel de ville,édifiée vers 1495,comporte une décoration qui pour être discrète n'en est pas moins riche,dont cordons et mâchicoulis présentent un large échantillon de la flore connue à l'époque.La vigne qui a fait la richesse des bourgeois y tient bonne place.La tradition des rues rochelaises à arcades semble être un héritage du Moyen-Age,sans que l'on puisse en définir l'origine,nordique ou méridionale.Dans un climat océanique,elles possèdent leur utilité et sont très appréciées les jours pluvieux.Autre tradition liée à la pluie:les gargouilles dont La Rochelle possède un large éventail de variétés.Arcades de pierre et gargouille semblent participer à la notoriété du maître de maison car elles sont mentionnées dans les actes.
Le boulevard des Huguenots
Au milieu du XVIe siècle,les façades célèbrent la Renaissance avec luxe,telle la façade du jardin du logis improprement appelé « Maison Henri II »,ou avec moins d'exubérance,telle la façade aux bustes et à la tête de Huron de la place des Petits-Bancs,datée 1554.

Portail Rochelais,
rue Gargoulleau,
daté 1627
Les façades de l'Hôtel de ville sur cour intérieure et rue des Gentilshommes (1605-1606) témoignent des largesses du roi Henri IV en faveur des Rochelais.La maison dite «maison de Nicolas Venette»,du nom d'un médecin Rochelais,construite vers la même époque pour le médecin Martin Bartox,est décorée des bustes des Pères de la Médecine,avec sentenses grecques et latines.
Rigueur calviniste oblige : après 1610,les façades sont plus sobres,les fenêtres moins grandes.Les portes conservent seules un peu de luxe : portail de l'ancien hôtel Bizet,rue Tour-y-Faut;portail daté 1627,rue Gargoulleau;portail,rue des Mariettes.
Le roi Henri IV ayant autorisé l'agrandissement de la ville,les nouveaux remparts construits à partir de 1596 prévoient l'extention des murailles vers les marais de Maubec,créant ainsi le quartier de la Villeneuve,ceinturé en 1609-1611.De ces remparts détruits en 1628 sur ordre de Louis XIII,il ne subsiste plus que la porte Maubec (1610) avec son fronton orné d'armoiries.
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L'opulence affichée d'une famille enrichie par le commerce colonial: portail d'entrée de l'ancien hôtel de Fleuriau (milieu XVIIIè siècle),aujourd'hui musée du Nouveau-Monde |
L'après grand siège
Après le grand siège ,entre la rigueur protestante et l'austérité catholique,les maisons sont très simples.La reconstruction catholique nous fournit en ensemble de bâtiments religieux dont certains ne manquent pas d'intêret: la chapelle des Jésuites (1638),les façades des églises Saint-Nicolas (1658) et Saint-Sauveur (1677),le cloître et la chapelle des Augustins (1659),la façade de l'ancienne chapelle des Carmes avec sa coquille (1671),le cloître et l'ancienne église (actuellement temple protestant) des Récollets (1691).Les remparts de Louis XV nous offrent encore la porte Dauphine (1695) et la porte Royale (1706).Moins monumentale mais plus curieuse est la porte des Deux-Moulins (1708) avec ses écluses alimentant autrefois les douves.Certaines rues de La Rochelle ont conservé un souvenirs des échanges avec le Canada.Les bateaux partaient lourdement chargés de marchandises diverses et revenaient avec une cargaison plus légère de fourrures.Il fallait donc ajouter du lest constitué de galets de l'estuaire du Sain-Laurent.Débarqués à La Rochelle,ces « pavés du Canada » servaient pour le sol des rues et des cours.La rue de l'Escale,épargnée par le bitume,présente encore un exemple de ce pavage « Canada ».
La richesse du XVIII siècle
Le commerce colonial du XVIII<sup>e</sup> siècle a fait la richesse de plusieurs familles en ville.Celles-ci montrent leur aisance par de vastes hôtels dans le goût de l'époque,avec grand portail donnant sur cour intérieure entourée des bâtiments.Plusieurs s'alignent le long de la rue Réaumur,à commencer par l'hôtel Poupet (actuelle préfecture).D'autres se trouvent dans les petites rues de la ville,parmi lesquelles l'ancien évêché (actuel musée de peinture,rue Gargoulleau) ou l'hôtel de Fleuriau (actuel musée du Nouveau-Monde,rue Fleuriau).Les monuments du temps répondent à cette architecture,notamment la bourse ou tribunal de commerce (vers 1765) avec sa galerie,modeste réplique de celle du Palais-Royal de Paris.La cathédrale reçoit ses plans de Jacques-Ange Gabriel,architecte du roi Louis XV.D'époque Louis XV,plus austères,sont la façade du palais de justice (1783) et l'arsenal,dont la première pierre a été posée en 1786 par Choderlos de Laclos,l'auteur des Liaisons dangereuses ,livre qui fit scandale en son temps.
D'un siècle à l'autre
Au XIXe siècle,la restauration,souvent discutable,des grands bâtiments de la ville compense à peine la disparition,sous prétexte d'assainissement ou de sécurité,de nombre de vieilles maisons et de quelques monuments.Le marché couvert (1893) et quelques villas du quartier du Mail représentent bien la fin du siècle,sans oublier l'achèvement du chœur de la cathédrale avec le plafond de la chapelle de la Vierge dû au talent du peintre Bouguereau.Le début du XXè siècle est marqué par le déclassement et la destruction à outrance des fortifications de Louis XIV.La gare est une bonne réalisation du temps (1910-1922).Le café de la Paix,place de Verdun,conserve encore sa décoration "Belle époque.On peut ensuite signaler le viaduc du Môle-d'Escale (1931-1940) et la base sous-marins Allemands construit par l'occupant (1942).Les réalisations actuelles concernent surtout le secteur des Minimes.Après l'aménagement du port de plaisance (1966-1971) qui prend appui sur une partie de l'ancienne digue du Cardinal,le quartier reçoit les batiments universitaires,des résidences,l'aquarium,le Technoforum, réalisations où se décline à l'infini le génie inventif des architectes,dans une luminosité aussi agréable que celle des îles toutes proches.Le déplacement à Chef-de-Baie du port de pêche(1994) a fait déserter les bâtiments aménagés depuis en musée maritime.
source : La Rochelle et ses tours (JC.Bonnin / H.Champollion)
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